Méthodologie

Comment le modèle stat-v1.13 prédit un match, simule le tournoi et estime les buteurs — expliqué simplement.

Vue d'ensemble du pipeline
1. Forces initiales
Elo + Dixon-Coles sur 49 450 matchs
2. Ajustements
Talent, âge, coach, continent, forme
3. Buts attendus λ
Loi Binomiale Négative → scores exacts
4. Monte-Carlo
50 000 simulations du tournoi entier
5. Buteurs
Répartition des buts club par joueur
6. Validation
Backtest anti-fuite 24 éditions
A — Prédire un match
1
Estimer la force de chaque équipe

Le modèle attribue à chaque équipe deux mesures de force complémentaires :

  • Un classement Elo — une note mise à jour après chaque match international depuis 1872 (soit 49450 matchs). Plus une équipe bat de fortes équipes, plus son Elo monte.
  • Des forces d'attaque et de défense estimées par le modèle Dixon-Coles (statistique de comptage de buts, calée sur le même historique). Les matchs récents pèsent davantage que les anciens.
Fondation du modèle
2
Ajuster avec des facteurs mesurés

À partir des forces de base, on applique des corrections validées en backtest :

Valeur d'effectif
Le « talent » que l'Elo ne voit pas encore — données Transfermarkt (jusqu'à +10 %)
Âge de l'effectif
Un effectif jeune progresse vite ; trop vieux perd en explosivité (±3 %)
Palmarès du coach
Un sélectionneur titré inspire confiance sous pression (jusqu'à +6 %)
Hôte & continent
Bonus pays hôte USA/Canada/Mexique (×1.06) et continent Amériques. Partout ailleurs : terrain neutre, aucun avantage à domicile
Forme récente
Sur/sous-performance des 12 derniers matchs vs l'attente Elo (±10 %, malus comme bonus). Les amicaux récents comptent, et les matchs à domicile sont minorés (poids 0,5) car la CDM se joue sur terrain neutre
Enjeux du match
Un match décisif (qualification en jeu) ne se joue pas comme un match déjà plié

Résultat : un nombre de buts attendus (λ) pour chaque équipe.

3
Calculer les probabilités de chaque score

À partir des deux λ (buts attendus de chaque équipe), une loi de probabilité des buts donne la probabilité de chaque score exact (0-0, 1-0, 2-1…).

Le modèle utilise la Binomiale Négative — une version « sur-dispersée » de la loi de Poisson qui colle mieux au football réel (les scores élevés sont plus fréquents que Poisson ne le prédit).

En regroupant les scores, on obtient : P(victoire domicile) / P(nul) / P(victoire extérieur).

Victoire domicile Nul Victoire extérieur
48% 26% 26%
Exemple illustratif — FRA vs ARG
B — Simuler le tournoi entier (Monte-Carlo)
4
50000 simulations du tournoi entier

Au lieu de chercher le résultat le plus probable, le modèle joue le tournoi entier 50000 fois. À chaque simulation :

  1. Chaque match de groupe est tiré selon les λ calculés à l'étape 3.
  2. Les qualifiés avancent selon les règles officielles FIFA 2026 (48 équipes, prolongations + tirs au but en phase à élimination directe).
  3. En phase finale, le λ de chaque confrontation est recalculé selon les équipes effectivement qualifiées.

En comptant la fréquence où chaque équipe atteint chaque tour sur les 50000 simulations, on obtient : P(qualification de groupe), P(quarts), P(demi-finales), P(finale), P(titre).

Exemple — probabilité de titre
France 18%
Brésil 14%
Angleterre 11%
Argentine 10%
Portugal 8%
Valeurs illustratives — consultez la page Pronostics pour les vraies probas.

Pour chaque probabilité, des fourchettes d'incertitude P10/P90 sont calculées via un Monte-Carlo « à deux étages » : on répète l'ensemble des simulations plusieurs fois pour mesurer la variabilité des estimations elles-mêmes.

C — Prédire les buteurs (Soulier d'or)
5
Répartir les buts entre les joueurs

Dans chaque simulation, le total de buts d'une équipe est réparti entre ses joueurs selon un poids calculé à partir de deux composantes :

Taux de buts en club

Buts par 90 minutes en club, corrigé par le poste : un attaquant a un poids naturellement plus élevé qu'un milieu défensif ou qu'un défenseur.

Tireur de penalties désigné

Une part des buts sur penalty est attribuée au tireur désigné de chaque équipe, pour ne pas diluer cet avantage statistique.

En agrégeant sur les 50000 simulations, on obtient pour chaque joueur ses buts attendus et sa probabilité de finir meilleur buteur (Soulier d'or).

D — Comment on sait que ça marche
6
Backtest anti-fuite sur 24 compétitions passées

Pour valider le modèle, on le rejoue sur 24 compétitions passées (Coupes du Monde FIFA, Championnats d'Europe, Copa América, Coupe des Confédérations) en n'utilisant que l'information disponible avant chaque tournoi — ni les résultats, ni les compositions réels de la compétition elle-même.

ENTRAÎNEMENT CDM 2018 + CDM 2022
1.0076
log loss moy.
128
matchs
Le modèle a été calibré sur ces éditions.
TEST 20 éditions jamais vues
0.9653
log loss moy.
54.7%
issues correctes
Vraie généralisation hors-échantillon.
Log loss : Entraînement vs Test (plus bas = mieux)
0.851.20
Entraînement : 1.0076 Test : 0.9653

La qualité est mesurée par le log loss (entropie croisée) : un chiffre plus bas signifie que les probabilités assignées étaient meilleures. Plus il est bas, meilleur est le modèle. Sur les éditions de test (jamais vues), la qualité est comparable à l'entraînement — signe que le modèle généralise et n'est pas simplement mémorisé.

Sur les éditions de test (jamais vues lors de la calibration), notre modèle (0.9653) fait mieux que l'Elo seul (0.9887) et que le hasard uniforme (1.0986). Il bat donc ces deux références de base.

Référence Log loss test Écart vs modèle
Notre modèle 0.9653 — (référence)
Elo nu 0.9887 +0.0234
Hasard (1/3) 1.0986 +0.1333
Écart positif = la référence est pire que notre modèle (log loss plus élevé).
Honnêteté du modèle — Le modèle donne des probabilités, pas des certitudes. Le football reste imprévisible : c'est précisément ce qui le rend passionnant. Un modèle qui attribuerait systématiquement 100 % à un vainqueur serait faux et inutile.
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